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Body Entity

Body Entity est une histoire de mode dont les racines plongent dans une profonde curiosité pour les croyances bouddhistes, selon lesquelles la peau de notre corps n'est pas sa limite. Le corps s'étend au-delà de sa forme visible avec son expérience de l'environnement. Pour représenter cette notion, l'équipe a décidé d'utiliser deux techniques principales : la danse et le trompe-l'œil. Avec l'aide de danseurs professionnels, chaque mouvement et posture du corps est devenu une image figée dans le temps, avec une expression évidente qui se poursuit au-delà. Le trompe-l'œil, une technique artistique qui crée une illusion optique d'expérience 3D, a été déployé par le travail avec l'espace et le fond noir. Le style vient en une nuance forte qui souligne l'idée visuelle de l'histoire à travers l'utilisation de vêtements élastiques, de ruban adhésif et de tissus légers.

Nous avons parlé avec Motoki Nakatani, photographe, de la principale inspiration derrière la séance photo, tirée du surréaliste Man Ray et de son intérêt pour le bouddhisme. Motoki explique comment cette fascination a mené au projet : « J'ai décidé de faire une simple expérimentation visuelle à ce sujet dans le cadre de la photographie/photographie de mode. » Nous discutons des caractéristiques du corps présentées à travers le mouvement et l'immobilité, ainsi que des similitudes et des différences entre la posture du corps humain et celle de la marionnette. L'histoire apporte un tout nouvel angle pour regarder la vie et les humains, pour poser des questions existentielles et ressentir des émotions puissantes à travers le prisme d'une image.

 

« L'idée de base est venue de ma fascination pour les surréalistes comme Man Ray, mais surtout de la croyance bouddhiste selon laquelle la peau n'est pas une limite à nous-mêmes. »

— Motoki Nakatani

Salut à tous, parlons du thème central de cet éditorial : le corps et ses limites physiques. Comment est née l'idée de rechercher la continuité ou la discontinuité du corps et son extension au monde ? 

Motoki : L'idée de base est venue de ma fascination pour les surréalistes comme Man Ray, mais surtout de la croyance bouddhiste selon laquelle la peau n'est pas une limite à nous-mêmes. J'ai toujours été intéressé par des idées comme la mémoire collective ou le spiritualisme, alors j'ai décidé de faire une simple expérimentation visuelle à ce sujet dans le cadre de la photographie/photographie de mode.

« Nous avons discuté avec l'équipe de la manière dont nous pourrions faire disparaître certaines parties du corps et modifier le poids d'une partie du corps grâce à des techniques comme le Trompe-l’œil. »

— Motoki Nakatani

Le travail avec des matériaux qui épousent les courbes de la peau, comme les leggings, les tissus qui moulent les parties du corps, et même le ruban adhésif, vient souligner, comme vous l'appelez, la "limite physique" du corps. Quelles ont été certaines de vos décisions quant au choix des tissus appropriés et à la mise en scène des modèles sur le plateau ? 

Motoki : Nous avons discuté avec l'équipe de la manière dont nous pourrions faire disparaître certaines parties du corps et modifier le poids d'une partie du corps grâce à des techniques comme le Trompe-l’œil. Le ruban adhésif était l'idée de Shinya, notre styliste, qui s'est inspiré d'une image trouvée du processus de fabrication d'une veste/costume. Même si nous considérons les rubans comme quelque chose qui assemble les choses, ils pourraient aussi servir à redessiner un corps.

« Les poupées, les marionnettes et même les robots peuvent imiter un mouvement humain puissant, mais ils ont aussi cette rigidité et cette maladresse qui m'intéressent. »

— Motoki Nakatani

L'ajout de la dynamique du corps en mouvement et le travail avec les mouvements de danse offrent un nouvel angle de perception des corps : la force et la fluidité en mouvement contrastent avec l'immobilité calme. Qu'est-ce qui était important dans le travail avec les modèles/danseurs sur le plateau, et la direction que vous leur avez donnée concernant l'atmosphère et les mouvements ?

Motoki : C'est intéressant que vous mentionniez la fluidité et l'immobilité. Un autre aspect visuel de cette série est que parfois le corps devient presque comme une marionnette (surtout avec le maquillage dans un 'look' particulier). Les poupées et les marionnettes et même les robots peuvent imiter un mouvement humain puissant, mais ils ont aussi cette rigidité et cette maladresse qui m'intéressent, et je voulais vraiment essayer avec ceux qui excellent dans/étudient l'expression physique.

« En même temps, les images monochromes mettent en valeur le volume et les subtiles différences de la peau. »

— Motoki Nakatani

Le travail de coiffure et de maquillage est un autre élément qui contribue à souligner le sentiment nécessaire des modèles en mouvement. Comment avez-vous décidé d'aider et d'exprimer les personnages à travers la coiffure et le maquillage, en particulier avec des images en noir et blanc et sépia ? 

Motoki : Pour la coiffure et le maquillage, nous avions déjà quelques idées avant la séance. Mais comme vous l'avez mentionné, il est limité de travailler avec cela, surtout sur des images monochromes. En même temps, les images monochromes mettent en valeur le volume et les subtiles différences de la peau, par exemple. Je pense qu'ils ont fait un excellent travail. 

Quel moment de ce projet vous est le plus précieux ?

Motoki : C'est quelque chose qui m'enthousiasme toujours de voir les images "fixes" sous des aspects bidimensionnels. Avec les images 3D et continues que nous vivons pendant le tournage, nous sommes sans aucun doute conscients des aspects artificiels de la photographie/photographie de mode, mais ce qui peut être fait en 2D est suffisamment magique. 

 

Source : https://www.wulmagazine.com/editorials/motoki-nakatani

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